Par Dominique Lucas 

 

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            Lorsque j’étais petit, je voulais devenir prêtre dans l’Église catholique. Je me sentais comme poussé vers cette voie, animé du désir sincère de faire le bien, de servir les autres, d’être juste.
 
            A l’âge de onze ans, je suis donc rentré au séminaire catholique de Sainte-Anne-d’Auray (56) pour y  suivre mes études secondaires et me préparer au sacerdoce.
 
            Vers l’âge de treize ans, j’ai pris conscience de mon attirance pour le sexe opposé. J’ai alors commencé à me dire que ce serait difficile pour moi de vivre sans une femme à mes côtés, sans famille, sans enfants. J’étais tiraillé, pour ne pas dire écartelé, entre mon désir de devenir prêtre catholique, donc célibataire, et mon aspiration à me marier et à fonder une famille.
 
            Ce conflit intérieur à duré tout le temps de mon adolescence, pour atteindre son paroxysme lors de ma 1ère année de « grand séminaire » à Saint-Brieuc (juste après mon BAC). Ce déchirement, combiné à une remise en cause profonde des fondements de ma foi, m’a conduit à l’âge de vingt ans à abandonner mon projet de devenir prêtre catholique.
 
            Ont suivi de longs mois d’errance spirituelle et de relâchement moral. Heureusement, ce fut aussi le doux moment où j’ai rencontré celle qui est aujourd’hui mon épouse éternelle. Elle fut pour moi, à cette époque de grande turbulence, une ancre et un havre de paix. Bien que nous nous soyons mariés à l’église catholique, alors que j’avais 23 ans, ma croyance en Dieu s’était effondrée. J’avais commencé à tourner mes regards vers d’autres solutions « terrestres », pour tout dire politiques. Il m’apparaissait que la solution aux maux de ce monde était à chercher dans une analyse et des décisions politiques. Ce fut ma période « rouge vermeil ». 
 
            Mais, alors même que je m’éloignais d’une manière apparemment irrémédiable de Dieu, deux  gentils missionnaires de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (Mormons) nous ont accostés un jour dans la rue et nous ont proposé de nous délivrer un « message sur la famille ». Heureusement, une fois encore, mon épouse accepta l’invitation. Si j’avais été seul ce jour là, j’aurais sûrement refusé de les recevoir.
 
            Bien que nous ayons employé notre première soirée à tenter (sans le moindre succès d’ailleurs) de déstabiliser les missionnaires par nos remarques un peu sarcastiques, je ne peux nier que leur calme, la beauté de leur message, leur rayonnement spirituel, leur pureté même, m’impressionnèrent.
 
            Je me souviens du second rendez-vous, où, cette fois nous les reçûmes dans la salle à manger, et non dans la cuisine comme la première fois. C’était plus chaleureux, et nous étions plus réceptifs. Néanmoins, j’étais toujours extrêmement sceptique et critique. Une de mes phrases let-motif pour couper court à tout approfondissement des points de doctrine qui m’étaient présentés était : « Mais moi je ne crois pas en Dieu ! ». A quoi les missionnaires répondaient invariablement : « Supposons un instant, Monsieur Lucas, que Dieu existe bel et bien .. ! ».
 
            Je me souviens très bien qu’à l’issue de notre troisième échange, je me suis secrètement fait la réflexion au sujet du plan de salut : «  Je ne sais pas si c’est vrai, mais si ça l’est, c’est tout simplement merveilleux ! ….
 
            Il y eut d’autres discussions, et assez vite certains efforts de notre part, comme nous mettre à genoux  pour prier à haute voix. C’était difficile et étrange, mais nous l’avons fait honnêtement. Il me semble que c’est à cause de cela en grande partie que le message de l’Évangile a pu commencer à pénétrer les fibres de notre cœur.
 
            Le départ des deux missionnaires qui avaient commencé à nous enseigner et l’arrivée de deux remplaçants a été décisif pour notre progression. En effet, les deux nouveaux missionnaires étaient probablement plus « classiques » dans leur approche, et vraisemblablement aussi plus respectueux des règles, (ils ne quittaient pas par exemple la maison à 1h du matin, comme c’est arrivé une fois avec la 1ere équipe !). Ils nous ont surtout encouragés à relever le défi d’être baptisés trois semaines plus tard. C’était un énorme défi pour nous qui étions si fragiles et si peu sûrs de nous, mais, d’une manière que j’ai encore du mal à expliquer aujourd’hui, nous l’avons fait. Un mois plus tard (le 16 juillet 1977), donc seulement une petite semaine après la date fixée, nous étions baptisés dans la mer à Larmor-Plage.(56).
 
            Ce fut un moment de délices. Il était à peine 8 heures du matin. Il faisait un temps magnifique, sept personnes étaient présentes : mon épouse et moi, notre fils Ronan âgé de 18 mois, Elder Ploeger et Elder Martin, une sœur de l’Église, et une amie de l’Église. La mer était si calme ! C’était comme si notre Père Céleste avait apprêté ce lieu pour nous. Un souvenir ineffaçable !
 
            Après avoir été confirmés à l’église, nous sommes revenus à la maison, et y avons invité les missionnaires. C’est alors que j’ai eu ma première expérience spirituelle consciente. Alors que je faisais cuire du poisson, j’ai ressenti la douce et merveilleuse influence de l’Esprit m’envelopper et me témoigner de la véracité de l’Évangile rétabli. Ce fut une expérience à la fois douce et puissante. J’étais touché, recueilli…sans quitter des yeux la cuisson du poisson ! Un autre moment irremplaçable.
 
            Depuis ce moment, j’ai ressenti des milliers de fois la véracité de cette œuvre. J’aime la façon dont l’Esprit nous touche et travaille à nous perfectionner, touche après touche, jour après jour. 
 
            Je témoigne que cette œuvre est vraie. Dieu vit, il est notre Père bien aimé. Jésus-Christ est notre Sauveur aimant et compatissant. Le Saint-Esprit est un compagnon merveilleux et attentif à nos besoins.
 
            Je témoigne aussi du rétablissement miraculeux de l’Église de Jésus-Christ en ces derniers jours en prévision du retour glorieux du Sauveur.
 
            Je me sens tellement béni d’avoir rencontré ces jeunes-hommes de Dieu au début de ma vie d’adulte. Je suis reconnaissant pour ma douce et tendre épouse et pour mes enfants, nos nobles « rameaux ». Reconnaissant d’avoir pu concilier l’inconciliable : mariage et prêtrise ! Reconnaissant aussi pour mes ancêtres qui m’ont précédé et à qui je dois la vie ! Reconnaissant enfin pour tous ceux, membres et dirigeants, qui ont béni, bénissent, et béniront encore ma vie.
 
Dominique Lucas 
Responsable de la paroisse de Quimper